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Entretien et problèmes

Infiltration d'eau dans une cave à vin : d'où elle vient, comment le savoir, et ce qu'on fait

Un homme en bottes installe une pompe vide-cave sur le sol humide d'une cave, tuyau, lampe

De l'eau dans une cave à vin, ce n'est jamais « de l'humidité » : c'est de l'eau qui vient de quelque part, et il n'y a que quatre endroits d'où elle peut venir. La pluie qui traverse un mur enterré, le sol qui remonte par capillarité dans la maçonnerie, une nappe phréatique qui monte sous la dalle, ou l'air de la pièce qui condense sur les parois froides. Chacune a ses signes, et chacune a ses remèdes ; les confondre, c'est peindre, boucher ou déshumidifier pour rien. Notre cave a eu de l'eau deux hivers de suite au pied du mur nord, et il a fallu un troisième hiver pour comprendre que ce n'était pas la nappe mais une descente de gouttière cassée dans le massif. Ce guide donne les quatre origines et comment les distinguer, ce qu'on fait pour chacune, ce qu'on ne fait surtout pas, et ce qu'on fait des bouteilles pendant ce temps.

D'où vient l'eau : quatre origines, quatre signatures

OrigineCe qu'on voitQuandOù
Infiltration latérale (eau de pluie qui traverse un mur enterré)Traces d'écoulement, coulures, zones sombres qui partent d'un point du mur, parfois de l'eau au sol le long de ce murPendant et après les fortes pluies, quelques heures à quelques jours plus tardUn mur donnant sur l'extérieur, souvent sous une descente de gouttière, une terrasse, un massif, un regard
Remontées capillaires (l'eau du sol monte dans la maçonnerie)Une bande humide régulière au bas des murs, avec une ligne de marée, du salpêtre (dépôt blanc, poudreux) et des enduits qui cloquentToute l'année, plus marqué en hiver et au printempsLe bas de tous les murs, sur 30 cm à un mètre, sans point d'entrée
Nappe phréatique ou eau sous la dalleDe l'eau qui arrive par le sol, par les joints ou les fissures de la dalle, parfois une flaque qui se reforme après épongeageAprès des semaines de pluie, au printemps, ou quand un cours d'eau proche est haut ; disparaît en étéLe point bas du sol, partout à la fois
Condensation (l'air chaud et humide de l'été touche des parois froides)Des gouttelettes uniformes sur les murs, les canalisations froides, les bouteilles ; pas de trace d'écoulementL'été, par temps lourd, après qu'on a ouvert la porte ou le soupirailLes surfaces les plus froides : bas des murs, tuyaux d'eau froide, bouteilles

Le test le plus simple pour séparer condensation et infiltration : une feuille d'aluminium scotchée hermétiquement sur le mur pendant 48 heures. Mouillée côté pièce, c'est la condensation ; mouillée côté mur, c'est l'eau qui vient du mur. Le cas de l'eau dans une cave électrique, qui est presque toujours de la condensation, est traité à part dans de l'eau dans une cave à vin électrique, et la condensation sur les bouteilles dans éviter la condensation sur les bouteilles.

Comment éviter les remontées d'eau dans une cave à vin ? (illustration 1)

Infiltration latérale : chercher dehors avant de traiter dedans

Le plus souvent, l'eau qui traverse un mur enterré est de l'eau de pluie mal évacuée à moins de deux mètres du mur. On fait le tour de la maison sous la pluie : descentes de gouttières qui débordent ou qui se déversent au pied du mur, regards bouchés, terrasse ou allée en pente vers la maison, massif de terre qui retient l'eau contre la façade, joint de façade ouvert au niveau du sol. On traite ça d'abord, parce que c'est peu coûteux : rallonger une descente, la raccorder au réseau, refaire une pente, creuser une rigole. Si l'eau continue après un hiver, le mur lui-même est en cause, et la solution est de son côté extérieur : un drain périphérique au pied des fondations avec une membrane d'étanchéité sur le mur, ce qui suppose de dégager la terre, ou, quand on ne peut pas creuser, un cuvelage par l'intérieur, un enduit d'étanchéité armé appliqué sur le mur et le sol par un professionnel. Le cuvelage tient l'eau dehors, mais il ne la fait pas disparaître : elle reste dans le mur, et elle cherche une sortie ailleurs.

Remontées capillaires : on ne bouche pas, on coupe ou on laisse respirer

Un mur ancien sans coupure de capillarité boit l'eau du sol comme une éponge, et l'évapore par ses faces ; le salpêtre est le sel que cette eau dépose en séchant. Deux stratégies, et une erreur :

  • Couper : une injection de résine hydrofuge à la base du mur crée une barrière ; c'est un chantier de professionnel, efficace sur la brique et la pierre tendre, moins sur les moellons irréguliers.
  • Laisser respirer : dans une cave à vin, on peut aussi accepter le mur humide et le laisser évaporer, à condition de ventiler et de n'y mettre que des enduits perméables (chaux) ; un mur qui respire garde la cave dans l'humidité qui convient au vin. Ce que vaut cette humidité, et à partir d'où elle devient un problème, est dans quel est le bon taux d'humidité dans une cave à vin.
  • L'erreur : un enduit ciment, une peinture filmogène ou un doublage étanche sur ce mur ; l'eau monte plus haut, ressort au-dessus, et l'enduit tombe avec le sel. Le choix des revêtements est dans quelle couleur et quelle peinture pour une cave à vin.

Nappe phréatique : pomper et évacuer, ou accepter

Quand l'eau arrive par le sol après des semaines de pluie, on ne l'empêchera pas d'arriver ; on organise son départ. Un puisard creusé au point bas, avec une pompe de relevage à flotteur qui se déclenche seule et refoule vers l'extérieur ou le réseau d'eaux pluviales, tient une cave hors d'eau tant qu'il y a du courant ; on lui ajoute une alarme de niveau, et dans les régions à crues, une seconde pompe ou une batterie. Le sol se traite ensuite, une fois la cave sèche : une dalle drainante ou un sol qui accepte l'eau, comme expliqué dans quel sol dans une cave à vin. Un cuvelage complet contre une nappe est possible mais coûteux, et il doit résister à la poussée de l'eau ; il se calcule, il ne s'improvise pas. Dans une cave qui prend l'eau quinze jours par an, on peut aussi choisir de vivre avec : casiers surélevés, rien au sol, pompe, et des bouteilles qui ne craignent pas l'air humide.

Condensation : ventiler, pas réchauffer

L'air d'été à 25 °C et 70 % d'humidité, entrant dans une cave à 13 °C, dépose son eau sur tout ce qui est froid. On ferme le soupirail dans la journée par temps lourd et on aère la nuit ou par temps sec et frais ; on ventile en permanence, à faible débit, plutôt que par grandes bouffées ; on isole les canalisations d'eau froide qui traversent la cave. Un déshumidificateur peut aider quelques semaines par an, jamais en continu dans une cave à vin, où il assécherait les bouchons ; le choix est dans quel déshumidificateur pour une cave à vin. Si la cave sent le moisi, c'est que l'eau est restée : le traitement des odeurs est dans retirer les mauvaises odeurs dans une cave à vin.

Ce qu'on ne fait pas

  • Peindre par-dessus : la peinture cache trois mois et tombe.
  • Boucher le trou par où l'eau sort : elle sortira à côté, ou plus haut.
  • Déshumidifier une infiltration : on assèche l'air, pas le mur, et l'appareil tourne sans fin.
  • Isoler par l'intérieur un mur qui prend l'eau : l'eau reste piégée derrière l'isolant, avec les moisissures. L'isolation vient après l'étanchéité, comme expliqué dans comment isoler une cave à vin.
  • Conclure « nappe phréatique » sans avoir regardé les gouttières : c'est le diagnostic le plus cher et le moins souvent juste.

Et les bouteilles, pendant ce temps

  • Rien au sol, jamais : casiers sur pieds ou sur cales, cartons proscrits.
  • Les bouteilles à l'écart du mur qui prend l'eau, à vingt centimètres au moins.
  • Étiquettes : l'humidité les abîme avant d'abîmer le vin ; un film alimentaire autour des bouteilles de valeur, ou un stockage ailleurs le temps des travaux.
  • Un hygromètre à mémoire pour savoir où l'on en est ; au-delà de 80 % durablement, les moisissures s'installent sur les bouchons et les étiquettes.
  • Une cave qui a été inondée se vide, se nettoie, se sèche, se ventile ; on ne remet le vin qu'une fois les murs secs au toucher et l'odeur partie.

En bref

  • Quatre origines : infiltration de pluie par un mur, remontées capillaires, nappe sous la dalle, condensation ; le test de la feuille d'aluminium sépare la dernière des trois autres.
  • Infiltration : gouttières, pentes et regards d'abord, drain ou cuvelage ensuite. Capillarité : couper ou laisser respirer, jamais boucher. Nappe : puisard et pompe de relevage. Condensation : ventiler, fermer par temps lourd.
  • Ne pas peindre, ne pas boucher, ne pas déshumidifier une infiltration, ne pas isoler un mur mouillé.
  • Rien au sol, bouteilles à l'écart du mur, hygromètre, et un retour du vin seulement dans une cave sèche.

Dates

Écrit par

Hélène

Hélène, rédactrice de CaveXpert

Hélène a hérité d'une cave de trois cents bouteilles dans une maison de famille, avec ses remontées d'eau, son odeur de renfermé et son inventaire sur un cahier d'écolier. Il a fallu l'assainir, la sécuriser, l'assurer, l'inventorier, puis décider quoi garder, quoi boire et quoi revendre. Elle en a tiré une méthode, et beaucoup de questions posées aux assureurs et aux commissaires-priseurs.

Experte de l'entretien et des problèmes de cave (humidité, odeurs, température, pannes), de la sécurité et de l'assurance, et de la gestion de sa cave : constituer, ranger, valoriser, revendre.